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Nos coups de coeur littérature de jeunesse

Jo singe garçon

Voici l’histoire d’un petit garçon qui vit sa différence dans la joie et l’allégresse. Jo est un singe garçon, en a tous les signes extérieurs et le comportement. Il a des cheveux hirsutes, se balance, crie comme un singe. Ses parents désemparés consultent un psychologue. Cet enfant doit vivre sa vie de singe. Il quitte ses parents effondrés mais résignés, se réfugie dans un cirque, trouve une famille auprès des chimpanzés, jusqu’au jour où les ricanements de sa cousine le ramènent à la raison. La sagesse des parents est de laisser partir leur enfant au risque de le perdre. Jo revient assagi et guéri. Il est un « vrai » petit garçon. Le graphisme faussement naïf de Béatrice Alemagna, le coup de crayon, les couleurs, le collage de visages réels d’enfants, de passants, cisèlent le récit, retracent avec pudeur, le parcours de cet enfant différent et malicieux. À conseiller à tout lecteur confronté à ces enfants pas comme les autres.

 

Isabelle Tréhet

BnF François Mitterrand 

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Lu et conseillé par

C. Couthenx Lib. Entre-2-Noirs, Langon

E. Jarret Lib. Coiffard, Nantes

G. Farre Lib. Maupetit, Marseille

V. Lannoy Lib. Majuscule, Armentières

La douane volante

Dans une Bretagne mystérieuse d’avant la Première Guerre mondiale, François Place, illustrateur et écrivain, narre les aventures de Gwen le tousseux, rebaptisé Gwen le rebouteux pour ses dons de guérisseur. Le jeune orphelin tente de fuir le pays des Douze Provinces dont il est prisonnier malgré lui. Entre récit initiatique et roman fantastique, notre héros va croiser une multitude de personnages qui fournissent à ses aventures, riches en rebondissements, une intensité et une ferveur assez voisines de celles de l’univers de Tim Burton dans Sleepy hollow, par exemple ; pour ce qui concerne la description des marins ou des marginaux, on est plutôt du côté de Dickens. Et dans ce monde des légendes bretonnes, Gwen doit sans cesse se méfier des hommes de la douane volante. Au terme de ces 330 pages, Gwen parviendra-t-il à mener sa barque jusqu’au rivage salvateur et à voler de ses propres ailes ?

 

Eric Giessenhoffer

Médiathèque de Mutzig 

Le carnaval des dragons

Cette année, le dragon est à la fête de la ville de Draguignan. Le maire veut un carnaval, un beau et grand carnaval des dragons. Un appel est lancé aux inventeurs du monde entier, le plus beau spécimen deviendra l'emblème de la ville. La maîtresse et les enfants de l'école primaire sont très enthousiastes. Ils imaginent et construisent rapidement un splendide animal, stupéfiant ! Seulement voilà, le concours est strictement réservé aux adultes. Le maire est formel sur ce point. Les enfants désappointés assisteront quand même au défilé. Les dragons sont beaux, majestueux mais un peu trop éphémères pour la population présente. Cependant une belle surprise attend tout le monde, petits et grands ! Après la maison et le musée c'est au tour de l'école de retenir l'attention de Max Ducos, ce créateur original. Un carnaval haut en couleur pour une ambiance festive et drôle ! A lire absolument.

 

Virginie Lannoy

Librairie Majuscule, Armentières

 

Voir l'article paru sur potinsenfantins.blogspot.com

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Lu et conseillé par

D. Francisco Lib. Pierre Loti, Rochefort

N. Païno Lib. Sauramps Odyssée, Montpellier

F. Carchano Méd. Elsa Triolet, Aytré

Le Sauvage

Gallimard jeunesse a l’art de mettre en avant des auteurs d’exception, tel David Almond. Pour montrer toutes les facettes de cet auteur au style unique, que l’on a peu l’habitude de trouver en littérature jeunesse, elles publient un objet littéraire non identifié. Attention ça secoue !

 

En voilà un livre atypique. À la fois album et roman, sans toutefois être complètement roman graphique, Le Sauvage alterne passages écrits et passages illustrés, le tout dans une fluidité maîtrisée. Il s’agit du récit d’un jeune garçon prénommé Blue qui vient de perdre son papa. La psychologue scolaire va lui conseiller d’écrire ce qu’il ressent : « qu’il explore son chagrin », dit-elle. Mais au lieu de parler de lui, ce qui lui fait encore trop mal, Blue va raconter et dessiner l’histoire du Sauvage. « C’était un enfant sauvage qui vivait dans les bois de Burgess. », lit-on en écriture manuscrite. Et ce sont les passages de l’histoire du Sauvage qui sont illustrés. La grammaire et l’orthographe sont approximatives, mais le récit est puissant. Il s’agit d’un garçon du même âge que son jeune auteur qui vit dans le bois situé à la lisière de la ville. Sa vie consiste à se nourrir de petits animaux, une sorte de jeune ogre qui mange quiconque pose un regard sur lui : « il était sauvage. Il était vraiment cruel. » Pour ce qui est des passages écrits, c’est un Blue plus grand qui nous parle de ce moment difficile dans sa vie, et raconte comment l’histoire de Sauvage l’a aidé à faire son deuil en allant jusqu’à s’incarner véritablement dans la vie du jeune garçon. Un roman à plusieurs niveaux de lectures où la violence des sentiments ressentis après une grande perte, est exprimée très justement grâce aux talents de deux auteurs britanniques exceptionnels. David Almond est un très grand écrivain pour jeunes lecteurs, lauréat de plusieurs prix. C’est un maître dans l’art de raconter des histoires au réalisme sauvage, où le fantastique vient faire des incursions angoissantes. Et Dave McKean, que l’on connaît surtout pour ses collaborations avec Neil Gaiman, est l’auteur d’œuvres graphiquement aussi fortes que des cauchemars d’enfants. Ici, il met en images les dessins de Blue par des illustrations à l’encre, plus épurées que son style habituel, avec une économie de couleurs. Du vert pour les scènes de jour, du bleu pour celles de nuit et des touches de rouge quand la violence déborde. Pour David Almond, il n’y avait que cet artiste hors normes qui pouvait donner vie au Sauvage. Au final, nous sommes face à une œuvre farcie de passages dont la violence peut paraître difficile. Mais il ne faut pas oublier que tout un chacun a besoin de voir sa part de sauvagerie exprimée au travers d’œuvres puissantes, qui aident à mettre des mots et des images sur les peurs et la brutalité qui nous habitent. On peut parler d’une sorte de Max et les maximonstres pour adolescents. En définitive, Le Sauvage est une œuvre qui restera certainement longtemps dans les rayons des libraires.

 

Claire Couthenx

Librairie Entre-2-Noirs, Langon 

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Lu et conseillé par

L. Cuffaro Lib. L'Horloge, Carpentras

I. Réty Lib. Gwalarn, Lannion

S. Cabanès Espace culturel Leclerc, Carcassonne

POIL AU NEZ

C’est le 31 décembre et Angel est décidé à se passer une petite journée tranquille en attendant le rendez-vous de 00h00 qu’il espère depuis si longtemps : cela fait dix ans qu’il patiente pour ouvrir la boîte en carton laissée par son père avant de mourir. Affublé de son vieux pyjama et attablé devant son bol de céréales, il n’imaginait pas que sa bande de copains débarquerait à l’improviste et bouleverserait ses projets. Son mécontentement ne dure pas quand il voit que Prune est là aussi. Il en est éperdument amoureux, mais elle a répondu à ses avances récentes par : « Tu es gentil et je t’aime bien Angel, vraiment bien. Mais c’est non. » Angel fait tout pour donner le change et essayer de faire rire ses copains, mais il reste absent et lointain, jusqu’à la libération de 00h00… Ce monologue intérieur nous fait vivre avec émotion le cheminement d’un adolescent qui fait le deuil de son père.

 

Laetitia Cador

La Maison du livre, Rodez 

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Lu et conseillé par

L. Le Quilliec Méd. Elsa Triolet, Aytré

P. Blanchout Lib. Montaigne, Bergerac

E. Jarret Lib. Coiffard, Nantes

Si j'étais Fifi Brindacier

Bieub, Coréenne de 9 ans, découvre Astrid Lindgren grâce à sa mère qui lui parle un jour de Fifi Brindacier, ce fameux personnage de téléfilm. La curiosité de Bieub va rapidement faire d'elle une lectrice boulimique de l'œuvre de cette Suédoise mondialement connue. La petite fille s'autoproclame fan N°1 et écrit (sans jamais envoyer ses lettres) à A. Lindgren pour lui parler tout d'abord de ses livres, puis progressivement de sa vie quotidienne. Bieub vit seule avec sa mère et comme elles ont des soucis financiers, la fillette se contente d’acheter des livres d’occasions. Elle se lie d'amitié avec la jeune employée de la bouquinerie, elle aussi fervente admiratrice d'A. Lindgren, Toute la saveur de ce petit roman réside dans le ton (c'est Bieub qui raconte son histoire avec naïveté et enthousiasme) et dans la présentation (très jolies illustrations de Marianne Nicolas). Ce livre est une bonne surprise pour un éditeur plus connu pour sa production en adulte qu'en jeunesse.

 

Laurence Le Quilliec,

Médiathèque Elsa Triolet, Aytré

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Lu et conseillé par

C. Couthenx Lib. Entre-2-Noirs, Langon

J. Huleux Lib. Eveils, Apt

V. Lannoy Lib. Majuscule, Armentières

Un endroit où se cacher

Avant, Jenna était une adolescente comme les autres. Elle avait une mère aimante et un père parti refaire sa vie en Californie, tout allait bien. Jusqu’à l’accident. Celui qu’elle va avoir avec sa mère alors qu’elles traversent un pont routier. Sa mère meurt et Jenna se réveille dans le bleu. Le bleu des analgésiques où rien ne fait mal, où rien ne vous touche. Mais Jenna va devoir se réveiller tout à fait, sortir du bleu. Seulement, dans la réalité, Jenna ne parvient pas à faire le deuil de sa mère. Elle est poursuivie par les images de l’accident, qui lui font croire que tout est sa faute. La grande Joyce Carol Oates fait un retour fracassant dans la littérature jeunesse, et témoigne toujours de la même acuité pour restituer les sentiments adolescents si complexes et leurs actes qui paraissent si extrêmes. Elle fait partie des rares écrivains à être capables de créer des personnages qui ne s’oublient plus jamais.

 

Claire Couthenx

Librairie Entre-2-Noirs, Langon