Livres pour le thème « mort »

  • Cruelle Joëlle

    Cruelle Joëlle

     La crise sévit décidément dans tous les domaines et même le métier de « faucheuse » n’est pas épargné ! Avec des clients de plus en plus vigilants qui se font vacciner, portent des ceintures de sécurité et restent sobres, avec des catastrophes naturelles que l’on prévoit de mieux en mieux et des guerres que l’on s’efforce d’éviter, Evelyne distribue de moins en moins de « cartes noires » ! Difficile alors d’être performante et d’être félicitée par son employeur : la « Société du Trépas » ! Une ruse subtile lui permettra peut-être de déjouer les contretemps de la vie ? Avec d’habiles pirouettes, Davide Cali glisse délicatement de la mort à la vie, et nous offre son humour pétillant, tout aromatisé de malice, de tendresse et d’amour ! Les illustrations de Ninie jouent elles aussi de déguisements, de couleurs et de fraîcheur. Ainsi la vie sinue habilement entre les crânes et les osselets.

     Yolande Bastian, Bibliothèque de Sarrebourg.

  • Lucie est partie

    Lucie est partie

    Ce petit album nous raconte l’histoire d’une amitié entre l’oie Zelda et la tortue Lucie. Les deux amies se retrouvent et se racontent leurs rêves et leurs pires cauchemars. Mais un jour Lucie n’est pas au rendez-vous. Zelda comprend enfin que son amie est partie pour un grand voyage…

    Piste de lectureMots difficiles
  • comment la mort est revenue à la vie

    comment la mort est revenue à la vie

    Il y a bien longtemps, les hommes ne mouraient jamais. La Mort vivait loin d’eux et les laissait en paix. Mais un jour, Anansi l’araignée pénétra chez la Faucheuse et lui vola son trésor. Furieuse, la Mort sortit de son antre pour se venger impitoyablement sur les hommes… Notre pauvre araignée, responsable de tout ce malheur, réussira-t-elle à réparer son erreur ? Attention chef-d’œuvre ! Chaque page de ce conte allégorique est un nouvel enchantement pour les yeux avec ses couleurs chatoyantes, ses personnages expressifs et ses mille petits détails que l’on ne finit pas de découvrir. La superbe iconographie est servie par un texte touchant, simple et poétique, regorgeant de jeux sur les mots, sur les sonorités, et qui ne manque pas d’humour pour aborder ce sujet délicat. Un album qui séduira les plus jeunes et leurs parents !

     

    Sandrine Goffi

    Librairie Virgin, Saint-Denis

  • le canard, la mort et la tulipe

    le canard, la mort et la tulipe

    Un jour, un canard croise la route de la mort ! D’abord effrayé, il tente malgré tout de lui parler et apprend qu’elle est là, près de lui, depuis toujours. Dès lors, la mort énigmatique rode et l’accompagne dans son quotidien. Elle le suit jusqu’à l’étang, mais elle n’aime pas le froid et l’humidité, le canard lui fait alors une surprenante proposition et la réchauffe entre ses ailes ! Le temps passe, le canard vieilli, il va moins à l’étang, est un peu plus solitaire. Puis une nuit, c’est à son tour de demander à la mort de le réchauffer , au matin, c’est fini. La mort le porte jusqu’au grand fleuve, pose sur lui la tulipe qu’elle avait à la main et le laisse partir. Cet album, extrêmement émouvant, sonne juste : il évoque la mort sans fioritures, par sa dimension cyclique : comme la naissance, celle-ci est un passage. Un futur classique.

     

    Stéphanie Rigogne-Lafranque

    Librairie L’Arbre à Lettres, Paris 12e

  • Ibou Min’ et les tortues de Bolilanga

    Ibou Min’ et les tortues de Bolilanga

    Depuis que Min’, une jeune femme aimée pour sa gentillesse devint elle-même une tortue, tous les villageois s’attachent à protéger les tortues de l’île de Bolilanga, en Indonésie.

     

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    Piste de lecture
  • Paradis

    Paradis

    Ce livre aborde avec pudeur un thème difficile devant lequel les parents se trouvent souvent démunis : la mort d'un proche. Chaque double page comporte quelques lignes de texte illustrées par des pictogrammes familiers, comme ceux que l'on voit sur le bord des routes, dans les bâtiments publics ou sur les produits de consommation courante. L’auteur a choisi de les détourner et de construire avec eux un tableau moderne du paradis. Cette trouvaille permet à l’enfant de mettre des images rassurantes sur l’idée abstraite et angoissante de la mort. Le recours à des mots et à des tournures enfantines peut aider le tout-petit à apprivoiser une idée qui lui est étrangère, tout en encourageant le dialogue avec les adultes. Malgré la gravité du sujet, l’ouvrage est plutôt gai et optimiste. Le livre aborde également de manière œcuménique les interprétations religieuses et invite à prolonger la lecture par une réflexion spirituelle.

     

    Karine Descoings

    Université de Bourgogne

  • La petite caillotte

    La petite caillotte

    Après la mort de sa mère, Line doit s’occuper de son frère, Titouan et de la maison où Tony et son père ne se remettent pas du décès. Dans les montagnes, Line rencontre un ours dont elle voudrait devenir l’amie. Mais voilà que mémé Rousseau ne peut plus s’occuper de Titou et les services sociaux veulent lui retirer son frère. Line ne compte pas se laisser faire !

    Piste de lectureMots difficiles
  • Atrabile

    Atrabile

    Thomas est un jeune lycéen en fugue. Il s'est lui-même nommé Atrabile, « bile-noire ». Il a fuit l'appartement parisien de ses parents et s'est réfugié dans celui de son grand-père, décédé quelques semaines plus tôt, sur la Côte d'Azur. L’appartement est resté en l'état. Des piles d'objets, de boîtes, de photos jalonnent les lieux. Thomas n'a pas vraiment connu cet homme et le regard qu'il porte sur lui est sans complaisance, un rien dédaigneux. Il n'y a jamais eu de tendresse entre eux. À travers les documents retrouvés, il va découvrir ce grand-homme et mieux comprendre son propre père. L'arrivée d'une fille va perturber le jeune garçon et lui permettre de sortir de l'enfermement. Connaît-on vraiment les hommes et les femmes qui nous entourent ? Il est parfois difficile d'exprimer des sentiments, de parler de soi, de regarder et d’écouter les êtres proches.

     

    Annie Bianco

    Bibliothèque de l’Abbaye, Gif-sur-Yvette

  • Quelques minutes après minuit

    Quelques minutes après minuit

    À minuit sept, un monstre vient voir Connor, quelque chose de très ancien et de sauvage. Mais pour Conor, le vrai cauchemar recommence chaque jour : sa mère lutte en vain contre un cancer, son père est devenu un étranger, et il est harcelé à l’école. Au fil des visites du monstre, l’adolescent comprend que son vrai démon est la vérité, une vérité qui se cache au plus profond de lui, terrifiante.

  • Bal de givre à New-York

    Bal de givre à New-York

    Les princesses d’aujourd’hui n’ont pas froid aux yeux

     

    Quand l’hiver fait rage, il reste la lecture. Ce roman aux allures de conte de fée recèle bien des surprises. Fabrice Colin y dessine un New York fantasmagorique et moderne où les frontières entre le bien et le mal se brouillent, montrant que les héros ne sont pas toujours du côté de la lumière.

    Par Aurélia Durandal, Librairie Liragif, Gif-sur-Yvette

     

    Page : Bal de givre à New York, un titre parfait pour un conte de fée moderne. On vous connaît surtout pour vos romans de science-fiction, à tendance historique, vouliez-vous surprendre vos lecteurs avec un tel titre, changer de registre ? Quelles influences ont présidé à l’écriture de ce roman ?

    Fabrice Colin : Pour être honnête, le titre est de mon éditrice, bien plus douée que moi pour ce genre d’exercice. Mais il convient à la perfection, en effet. J’ai commencé l’écriture de Bal de givre à New York il y a deux ans, presque sur un coup de tête. Je tournais autour du thème de l’ange gardien empli d’intentions impures : l’idée était de jouer avec les codes de la littérature sentimentale. La ville, le froid, le mot qu’on ne prononce pas – l’essentiel de l’histoire est venu à moi sans effort. Les influences ? Je les identifie généralement a posteriori. Ici, elles sont plutôt à chercher du côté de la littérature new-yorkaise contemporaine : Don DeLillo, Bret Easton Ellis, Jay McInerney.

    Page : Certains de vos romans comportent des motifs littéraires plus ou moins clairs (réécritures, hommages aux grands de la littérature,…). Peut-on voir dans le New York d’Anna celui des Comics, ces BD américaines où des super-héros ambigus sont en prise avec les forces du mal ? L’héroïne peut rappeler Batman avec son domestique infirme et sa voiture aux allures de Batmobile. Comme lui, Anna est hantée par l’absence de ses parents.

    F. C. : Motifs visuels, oui, comics, si vous voulez, cinéma, bien sûr : je citerais notamment V pour Vendetta et The Dark Knight. L’année dernière, certaines similitudes entre mon roman et Inception de Christopher Nolan m’ont frappé, alors même que le texte était achevé depuis longtemps. Des thèmes flottent dans l’air, des musiques hantent l’époque. Côté comics, je dois citer les magnifiques albums de Chris Ware, les bizarreries normées de Daniel Clowes et un certain World Trade Angels, création personnelle remontant à 2006 dont on retrouve dans Bal de givre… des échos assez troublants.

    Page : Ici, la ville fait figure de personnage à part entière. L’évolution progressive d’une ville idyllique vers le délitement, fait écho aux certitudes d’Anna qui s’écroulent à mesure que le roman avance. Aviez-vous une intention particulière en donnant à New York une telle importance ? Les États-Unis, que l’on retrouve souvent comme cadre de vos romans, sont-ils pour vous une source d’inspiration ? En quoi ?

    F. C. : Les États-Unis m’ont toujours inspiré. Je vais dire quelque chose de volontairement très naïf mais, sur le plan de la création artistique, ils restent le pays de la liberté : on y a au moins le droit de tenter. On trouve cent fois plus d’audace, par exemple, dans certains épisodes de Dr House – un show éminemment grand public – que dans la totalité de la production télévisuelle française, et ne parlons pas de la littérature. Mais au-delà de ça : les États-Unis sont une usine à mythes perpétuellement fumante. Il n’existe plus de super-héros en Europe. Il y en a eu, mais nous les avons oubliés. Plus de véritables stars non plus. Qui est notre Marylin Monroe ? Qui est notre Frank Sinatra, notre Al Capone, notre Michael Jackson ? Nous, nous avons Coluche et Gainsbourg : des hommes qui se rient du monde, ou qui pleurent sa perte. Et puis, la topographie des lieux joue un rôle fondamental. New York, par sa verticalité, symbolise la vie, la vitalité : les héros se juchent sur les gratte-ciels pour observer le monde. Plus dure sera la chute, bien sûr. La ville est aussi un labyrinthe minéral doté d’un cœur païen et mystérieux : Central Park. Les tours, la construction des tours, c’est l’espoir, l’énergie, mais aussi la fragilité, l’arrogance punissable. On a pu croire que le 11 septembre avait ébranlé ces symboles. Je crois, au contraire, qu’il les a fortifiés.

    Page : Dans l’intrigue, des métaphores sont filées. On trouve des motifs récurrents qui guident le lecteur avec subtilité pour comprendre l’étrangeté de l’univers dans lequel évolue Anna. Le roman est placé sous le signe du blanc et de la neige, en quoi sont-ils symboliques ?

    F. C. : Le dernier sens que l’on perd, avant de mourir, c’est l’ouïe. Or, la neige assourdit tout. Et chacun sait que le blanc est la couleur de la mort, celle en laquelle toutes les autres se mélangent et s’annulent. Je ne puis que citer les dernières lignes de la nouvelle Les Morts, de James Joyce, source d’inspiration indépassable, dans une traduction inédite de Jérôme Vidal. « De nouveau il neigeait. Les yeux lourds, il regarda tomber les flocons, argentés et sombres, contre le réverbère. (…) [La neige] reposait en couches épaisses sur les croix déformées et les pierres tombales, sur les piques de la petite barrière et sur les épines stériles. Son âme lentement s’évanouit comme il entendait la neige tomber délicatement sur l’univers et délicatement tomber, comme au jour du Jugement dernier, sur tous les vivants et les morts. »

    Page : Anna est-elle une figure de la jeune femme d’aujourd’hui, une héroïne qui ne s’en laisse pas compter et qui refuse que l’on décide de son destin ? Une fille qui lutte pour conquérir sa liberté ? La jeune fille naïve du début du livre évolue à la faveur de ses actions. Elle s’incarne dans ses réalisations. Le roman n’est définitivement pas seulement un roman sentimental. Si l’on y parle d’amour, on y parle aussi de choix de vie. Le questionnement qui la traverse est existentiel.

    F. C. : Je suis heureux que vous puissiez penser cela. La femme est l’avenir de l’homme et du monde en général. L’héroïne de conte de fées moderne est celle qui parvient à trouver sa place entre romantisme et modernité, passion et liberté. Le dernier Walt Disney, Raiponce, ne raconte pas autre chose.

    Page : La quête d’Anna est-elle universelle ? C’est une quête vers la vérité, aussi cruelle soit-elle. Elle doit trouver seule son chemin dans un monde contradictoire où blanc et noir se confondent parfois ? Où on ne peut pas seulement se fier à ses impressions ou à ses désirs ? Où les princes charmants ne sont pas toujours bien attentionnés et les parents incapables de nous protéger.

    F. C. : Cette question du référent est centrale : à qui, à quoi se fier en ce monde ? Dieu est mort, les psys sont chers, les parents s’égarent et vous trompent. Reste l’amour, à mon avis, l’amour des amis et celui de l’âme sœur – un fanal dans le brouillard.

    Page : Anna cherche aussi à retrouver la trace de ses parents. Savoir d’où l’on vient permet-il d’avancer plus sûrement dans la vie ? S’affranchir de ses origines en connaissance de cause permettrait donc aussi de se construire ?

    F. C. : De nombreux romans jeunesse explorent cette thématique : la sortie de l’adolescence, la plongée dans le monde adulte. Pour Anna, l’enjeu est surtout de comprendre et d’admettre qu’elle est seule, que ses parents ont déserté le terrain de jeu. En tant que père, mon rôle est de faire en sorte que mes enfants sachent se passer de moi : parce que je ne serai pas toujours là et que, même si je le suis, je me révèlerai rapidement inapte à déchiffrer pour eux un univers en mutation perpétuelle. L’ère des sages et des vieux dogmes est révolue : il faut, désormais, courir plus vite que le monde. 

  • Daddy est mort…

    Daddy est mort…

    Par Claire Lebreuvaud, Librairie Anecdotes, Limoges

     

    À 5 ans, Daddy avait des trous à ses godasses, quelques écorchures aux genoux, les cheveux en bataille et un sourire qui croquait les bonbecs et les bêtises. Seulement la vie est souvent cruelle et elle ne lui avait pas offert beaucoup de douceurs, à Daddy. Pas plus qu’à sa mère junkie, et encore moins à son père, inconnu. Alors à 20 ans, à l’âge où il va devenir père, Daddy est décidé à prendre sa revanche sur la vie, sur sa vie et sur son Dieu le Père qui lui doit rien moins que vingt années d’amour paternel. Le problème c’est que la vie sourit souvent aux salauds. Daddy est retrouvé mort dans un local à poubelles.

    Môme, Insa Sané a dû croquer du Victor Hugo pour la chronique sociale, du Shakespeare pour la dramaturgie et une pincée de Queneau pour les mots. Son écriture est chaloupée et rugueuse, ciselée et cadencée. Le phrasé est poétique et les mots ont la gouaille de Sarcelles. Une écriture qui vous harponne pour ne plus vous lâcher, qui vous entourloupe comme une ritournelle entêtante, obsédante, avant de vous laisser à terre, comblé.

    Sa comédie urbaine (débutée avec Sarcelles-Dakar puis Du plomb dans le crâne, Gueule de bois et aujourd’hui Daddy est mort) est multiple, engagée, foisonnante. Ses personnages, des mômes avec des rêves grands comme leurs vêtements trop larges, des braves, des barges et des couards, des fleurs de bitume cabossées qui aiment, rigolent, grandissent entre cris de rage et larmes de joie. Alors si vous n’avez jamais croisé la route de Djiraël, Youba ou Tierno, si vous n’avez jamais tourné les pages d’un roman d’Insa Sané, vous êtes sacrément en veine parce que cela vous fait quatre romans à dévorer et un écrivain talentueux à découvrir. Souriez, « une histoire devrait toujours commencer par un sourire d’au moins trente-deux dents. Un sourire comme seule la rue, au coin d’un de ses plis, peut en offrir parfois ».

     

  • L’Amour au delà de la mort

    L’Amour au delà de la mort

    Ismaël est dans le coma et Bel, sa petite amie, quitte l’hôpital pour rentrer chez elle. Mais sa maison n’est plus vraiment sa maison. Ses affaires ont été rangées pendant son absence et ses parents ne la voient pas. Rongés par le chagrin, amaigris, ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Car Bel est morte quarante jours plus tôt dans un tragique accident. Pourtant, la jeune fille est revenue dans un corps qui ne connaît plus ni fatigue, ni douleur. Invisible, elle observe ses proches, erre dans les rues de Barcelone, chante la nuit dans l’oreille d’Ismaël et suit son père qui ne semble avoir qu’une seule idée en tête, découvrir ce qui s’est passé tout en haut des montagnes russes le jour où sa fille a été précipitée dans le vide. Accident ? Suicide ? Meurtre ? Bel ne se souvient de rien. Mais la vérité pourrait être plus terrible encore que tout ce qu’elle avait imaginé… Jonglant entre le fantastique et le thriller, ce roman devrait ravir tous les amateurs de paranormal !

     

    Florence Dubois

    Librairie Sauramps Odyssée, Montpellier