Ce roman polyphonique brosse le portrait de quatre filles : Marjo la Guadeloupéenne, Nadia la musulmane, Fatou, « La Blanche-Neige du Congo » et Katerina l’Ukrainienne. On y parle du romantisme des garçons – que d’aucun(e)s croyaient disparu ; de l’amour entre filles, de l’amour des livres, de l’amour filial, de foot, de héros… – qui pour être fatigués n’en sont pas moins braves ; et d’un lieu : la banlieue, où « vivre relève déjà de la tragédie grecque », mais où « jusque dans ses endroits les plus obscurs, tout se crée et se recrée, à l’infini. » Ces regards croisés d’adolescentes et de femmes évoquent avec verve, tendresse, dureté, nostalgie parfois, le quotidien des filles de la cité, leurs aspirations et amours en rendant sensible la difficulté de vivre lorsqu’on est fille et ado, à la fois « d’ici et d’ailleurs ». C’est un roman vif, écrit dans une langue imagée qui s’invente et invente des filles en devenir, partagées entre leurs héritages culturels et leur volonté d’émancipation.
Nadine Spagnol
Collège Jean de Prade, Castelsarrasin
_
Lu et conseillé par
N. Spagnol Collège Jean de Prade, Castelsarrasin
Elle s’appelle Salima Aït Bensalem et habite la banlieue sud de Lille. Elle est la première de sa classe et le bac est à la fin de l’année. Et après la fac ? Elle ne sait pas encore. Elle fait la joie de ses parents et de ses professeurs. C’est une fille sage, et pourtant elle ne se sent pas vraiment à sa place. Elle aimerait s’écarter du droit chemin, au moins une fois, pour voir ce que ça fait, pour faire comme les autres. Alors Salima se réfugie dans ses rêves où les mots sont rois. Elle rêve de pousser les murs trop grands des tours de son quartier. Elle rêve en espérant que ce garçon la regarde enfin. Elle rêve de s’envoler, assise sur le siège côté passager d’une voiture qui roule à toute allure sur l’autoroute. Mais elle n’oublie pas pour autant ses racines. Elle bat la mesure et nous livre ses pensées les plus profondes. En fait, Salima veut vivre et c’est urgent.
_
Lu et conseillé par
Liliana Cuffaro Librairie Sauramps-en-Cévennes, Alès
Ce roman nous plonge de manière abrupte dans un milieu sombre et hostile au bonheur, à première vue : le quotidien de deux jeunes de banlieue qui slaloment entre drogue, police, galère, rap et espoir. L’auteur choisit une écriture crue, qui dérange au départ, et un langage souvent familier pour nous entraîner dans les bas-fonds de deux univers indicibles : la cité parisienne de Hakim et les rues de Brooklyn où vit Wiz. Tous deux se ressemblent. Ils dealent pour survivre mais rêvent de percer dans le monde du rap, de créer leur propre musique, de s’en sortir. Par l’intermédiaire d’Internet, ils montent un projet : produire un album ensemble. En attendant, chacun essuie les bavures de policiers soupçonneux, le décès ou l’emprisonnement de certains amis, la déchéance dans laquelle conduit la drogue, la violence du quartier, la souffrance et l’incompréhension des parents. Quelle place pour l’amour et le rêve dans tout ça ? Dernière phrase un peu « relou », non ?
Fanny Fauritte
Collège Grange, Seyssuel